mai 23, 2014

5) Compte rendu de Clermont Ferrand


Journées Inter Groupes « cœur de France »- Poitiers 10-11 Mai 2014

Nous  nous  sommes  retrouvés  à  3  pour  représenter  le  groupe  de  Clermont  (  Jocelyne, Christiane et Philippe PM).
Ci-dessous, quelques  échos de ces Journées, envoyés par Philippe PM.

Cette année les JIG ont été organisées par le groupe de Poitiers. Tous les groupes (21 personnes hors Poitiers), sauf Angoulême  étaient représentés.
Le thème était :

L'Europe favorise-telle ou non le développement durable dans l'agriculture française ?

Deux documents, bien utiles, expliquant ce que sont le développement durable et les différentes formes d'agriculture ont été distribués avec deux autres de la Confédération Paysanne qui précisent sa position sur la PAC.

Conférence

Dans sa conférence, J. Pasquier, céréalier du Châtelleraudais et membre de la commission nationale de la Confédération Paysanne, a fourni les bases pour comprendre la naissance de la PAC, ses enjeux, son évolution et les propositions de la commission pour une nouvelle PAC à partir de 2015. En bref, une période de soutien à la production, notamment par l'organisation du marché des produits agricoles et les prix garantis, s'est traduite par la surproduction. Cela a conduit à la mise en place de quotas puis à la libéralisation du marché compensée par un système d'aides directes, visant aussi à protéger l'environnement par des primes. Ce système a généré des situations de plus en plus injustes et tend à bloquer l'évolution vers d'autres formes d'agriculture. D'où une nouvelle politique qui, à l'origine, semblait aller vers plus de justice en évitant que les aides aillent principalement vers ceux qui n'en avaient pas vraiment besoin. Si le système des aides directes est maintenu, il est corrigé (convergence des subventions, dégressivité, polyculture, délégation aux régions de la gestion des aides ...). Bien que le projet présente certains points positifs, il ne va pas assez loin et des amendements en discussion risquent de lui faire perdre une partie de son intérêt selon J. Pasquier.

Ateliers

Visionnage d'un documentaire réalisé par le groupe de Poitiers : interviews de 5 agriculteurs par Nelly Brimault.

Un éleveur de volailles et de veaux rosés (bio , conf paysanne) qui dénonce la politique actuelle.

Un agriculteur éleveur (2 associés) de porcs du sud-ouest (jambon de Bayonne) puis vente directe, compostage, presse huile de colza. Ne veut pas être considéré comme un assisté. Fait vivre 8 personnes, énergie : consomme comme 300 et produit pour 6000. Agriculture raisonnée.

Un maraîcher bio, culture sous serre, 3 ha, AMAP 90 paniers/semaine, vente à la ferme et marchés. Aide : une personne à mi-temps l'été.

Un éleveur de bovins Salers avec son fils, 120 vaches. Elevage conventionnel. Respect de la terre. "On l'emprunte à nos enfants". Souhaite vivre de son métier. S'oppose aux céréaliers, critique la politique dans les salons.

Un céréalier 200 ha, d'abord monoculture (maïs irrigué) puis mutation : diversification des cultures, modification des pratiques culturales (suppressions labours, couvert, bandes enherbées, haies ...). Contacts avec LPO, réseaux FARRE, Civam, bio. Aménagements : trous à batraciens mais pas bio (je veux sauver ma culture en cas de problèmes). Nouvelle PAC va dans le bon sens mais pas assez de liberté, mais peut être agriculteurs pas assez responsables.

Répartition en 3 ateliers sur les aspects environnementaux, sociaux et économiques dans lesquels nous dégageons les principaux traits de ces 5 interviews. Pour ce qui est de l'aspect économique, nous notons la diversité des productions. Une attitude plutôt positive vis-à-vis de l'Europe et de la nouvelle PAC, avec toutefois des réserves dans sa mise en oeuvre. Le souhait de ne pas être assistés.

Film et débat

Après le dîner avec les produits locaux apportés par les groupes, projection d'un film de A. Brugier : Les petits gars de la campagne. La séance avait été co-organisée avec la maison des projets de Buxerolles et il y avait beaucoup de monde pour voir ce film bien fait pour montrer le travail et la vie dans le monde agricole (divers exemples) avec quelques flash-backs pour rappeler ce que c'était dans le temps et ce que c'est devenu avec l'intensification et le développement de l'industrie agro-alimentaire. Toutefois certains aspects militants du film qui enjolivent l'agriculture "paysanne" (estives dans le Canigou ...) et dénoncent le productivisme et l'industrialisation de la production alimentaire (chantier d'ensilage, charcuterie industrielle, élevages concentrationnaires) en n'en montrant que les dérives et les excès, lui font perdre en crédibilité, à mes yeux.

La projection a été suivie d'un débat avec la salle où le premier éleveur bio interviewé pour les ateliers et un producteur de fromages de chèvres répondaient aux questions.
J'y ai surtout vu une promotion d'une agriculture paysanne, respectueuse de la nature et des concitoyens, qui a besoin d'une main d'oeuvre abondante, passionnée par le vivant, peu exigeante sur le plan matériel et qui donne un sens à sa vie.

Présentation d'un sujet par les groupes

Le lendemain matin, après une séance de mise en forme physique et spirituelle (la fragilité) animée par Angers, chaque groupe a présenté un problème agricole relatif à sa région. Poitiers a évoqué le projet controversé de création de "bassines", grandes réserves d'eau puisée dans la nappe pendant l'hiver, pour permettre l'irrigation du maïs essentiellement. Problèmes de coût et de gestion de l'eau au seul profit de quelques uns.

Orléans nous a décrit le fonctionnement d'un robot de traite pour 70 vaches laitières avec ses avantages (temps, pénibilité, confort des animaux, meilleur contrôle des épandages ..) et ses contraintes (apprentissage, coût, quasi suppression du pâturage, alimentation sur place, gestion des fumiers et lisiers ...).

Angers nous a parlé de maraîchage et de la place du bio dans cette filière. En Pays de Loire,

les surfaces ont été multipliées par 3,5 depuis 2002. Importance des circuits courts.

Montluçon nous a présenté les conditions de l'élevage de bovins charolais dans l'Allier et montré que ce type de production était compatible avec une agriculture durable.

Clermont aurait dû rapporter quelques aspects des recherches conduites sur l'élevage des herbivores mais faute de temps, cela a été annulé (au grand soulagement du rapporteur).

En conclusion de ces JIG, J.C. Crasnier a remercié le groupe de Poitiers pour leur parfaite organisation et leur qualité. Il a souligné leur importance pour notre territoire et a évoqué la désignation de son suppléant ainsi que celle du groupe qui organisera les prochaines (Angers ou Montluçon probablement).

F. Lefeuvre nous a annoncé l'arrivée des documents pour la préparation de la prochaine AG et a rappelé son importance pour le mouvement.

Enfin après le déjeuner, une visite de Poitiers (Notre Dame la Grande, le Palais de Justice, la cathédrale Saint-Pierre) était organisée pour ceux qui le souhaitaient.

Philippe PM



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